Les masques.
By Acide Lyrique (Parce que je parle anglais aussi.)

Mon fantasme sans doute le plus pernicieux, mais je n'en ai aucune honte. Le masque outre son coté esthetique et fétichiste, est le moyen de protection le plus sûr.
- J'aime pas vraiment la couture humaine, tisser des liens est pour moi quelque chose de tres difficile.
Mysanthrope, sauvage, renfermée, manque de confiance tous les pretextes sont bons pour s'isoler et se protéger.. Si seulement ce n'étaient que des pretextes.. Je crois avoir été trop blessée, dénigrée et déçue par le genre humain pour accorder ma confiance. J'aimerais parfois, mais je n'y arrive pas, et quand je regarde le résultat je me dis que j'ai bien raison. J'aimerais , ne serait-ce qu'avoir confiance en moi, mais même de ma petite personne je suis sceptique. Je suis froide, je suis dure, plus dure avec moi-même qu'avec les autres. L'auto-persuasion n'a jamais fonctionné avec moi, car le mensonge n'a jamais fait partie de mes principes. Quand on me démontrera que l'Humanité n'est pas qu'une pute volage et destructrice, je reverrai sûrement mon jugement. Jusqu'à présent, beaucoup de personnes m'ont déçu..Acharnée, je préfére rester sur mes positions et me cacher derriére ce masque invisible et invincible que je me suis forgé.
Le mystère attirant et répulsif du masque, qui pourra jamais en donner la technique, en expliquer les motifs et démontrer logiquement l'impérieux besoin auquel cèdent, à des jours déterminés, certains êtres, de se grimer, de se déguiser, de changer leur identité, de cesser d'être ce qu'ils sont ; en un mot, de s'évader d'eux-mêmes ?
Quels instincts, quels appétits, quelles espérances, quelles convoitises, quelles maladies d'âme sous le cartonnage grossièrement colorié des faux mentons et des faux nez, sous le crin des fausses barbes, le satin miroitant des loups ou le drap blanc des cagoules ? A quelle ivresse de haschisch ou de morphine, à quel oubli d'eux-mêmes, à quelle équivoque et mauvaise aventure se précipitent, les jours de bals masqués, ces lamentables et grotesques défilés de dominos et de pénitents ?
Ils sont bruyants, débordants de mouvements et de gestes, ces masques, et pourtant leur gaieté est triste ; ce sont moins des vivants que des spectres. Comme les fantômes, ils marchent pour la plupart enveloppés dans des étoffes à longs plis, et, comme les fantômes, on ne voit pas leur visage. Pourquoi pas des stryges sous ces larges camails, encadrant des faces figées de velours et de soie ? Pourquoi pas du vide et du néant sous ces vastes blouses de pierrot drapées à la façon de suaires sur des angles aigus de tibias et d'humérus ? Cette humanité, qui se cache pour se mêler à la foule, n'est-elle pas déjà hors la nature et hors la loi ? Elle est évidemment malfaisante puisqu'elle veut garder l'incognito, mal intentionnée et coupable puisqu'elle cherche à tromper l'hypothèse et l'instinct ; sardonique et macabre, elle emplit de bousculades, de lazzis et de huées la stupeur hésitante des rues, fait frissonner délicieusement les femmes, tomber en convulsions les enfants, et songer vilainement les hommes, tout à coup inquiets devant le sexe ambigu des déguisements.
Le masque, c'est la face trouble et troublante de l'inconnu, c'est le sourire du mensonge, c'est l'âme même de la perversité qui sait corrompre en terrifiant ; c'est la luxure pimentée de la peur, l'angoissant et délicieux aléa de ce défi jeté à la curiosité des sens : "Est-elle laide ? est-il beau ? est-il jeune ? Est-elle vieille ?" C'est la galanterie assaisonnée de macabre et relevée, qui sait ? d'une pointe d'ignoble et d'un goût de sang ; car où finira l'aventure ? dans un garni ou dans l'hôtel d'une grande demi-mondaine, à la Préfecture peut-être, car les voleurs se cachent aussi pour commettre leurs coups, et, avec leurs sollicitants et terribles faux visages, les masques sont aussi bien de coupe-gorge que de cimetière : il y a en eux du tire-laine, de la fille de joie et du revenant.






C'est comme un refrain qui vient s'immiscer au coeur d'une douce mélodie et qui se nourrit de notes bancales.
Forcément ça sonne faux, pourtant en apparence ça à tout l'air d'être une œuvre tirée du génie.
Alors que c'est un plagiat demesurément idéalisé, alors que c'est un plagiat déguisé.